vendredi 29 juillet 2011

Antigone des associations

Cerclé de gris, le stand de l'association Mareschal

L'association Mareschal affiche plans et couleurs

Informations et renseignements sur nos projets culturels 2009 -2010

Une reproduction d'un plan, signé Mareschal,
représentant la ville de Montpellier au milieu du XVIIIe siècle

Pour nous contacter ...
asso.mareschal@gmail.com

L'association mareschal est présente dans l'annuaire des associations de la ville de Montpellier :

Pour plus de renseignements sur le prochain forum des associations de Montpellier :

Visite de la promenade du Peyrou - Montpellier

VISITE GUIDÉE & ILLUSTRÉE
La promenade du Peyrou à Montpellier






Par Caroline Millot
Docteur en histoire de l'art



L'association Mareschal se réserve, avec grand plaisir, des temps de visites dans la ville de Montpellier sur la demande de quelques particuliers ou associations. Les visites sont assurées par Caroline Millot, docteur en histoire de l'art de l'Université de Paris I et directrice des projets de l'association Mareschal.


Les récits de voyages, les plans de l'ingénieur Mareschal et autres apports historiques servent de support à la visite, en sus du paysage architectural qui est observable à Montpellier pour ce qui se rapporte au XVIIIe siècle.


La porte royale du Peyrou, Restauration, cliché Caroline Millot,
association  Mareschal, 2010.


Statue équestre de Louis XIV, Reproduction, cliché Caroline Millot,
association  Mareschal, 2010.

La désignation des objets et des parties architecturales, l'observation des sculptures et bas-reliefs qui ornent cette promenade font réaliser toute la complexité de cet ensemble, ancienne place royale que l'on nomme le Peyrou.


Dans l'eau, le reflet du magnolia caresse une rocaille,
cliché Caroline Millot, association  Mareschal, 2010.
Un magnolia dans un jardin français :  un pléonasme historique ? cliché Caroline Millot, association  Mareschal, 2010.
Aux alentours, la toponymie rappelle le nom des différents intervenants architectes et ingénieurs. La publication de Jean Baumel sur  l'évolution de la place royale, à ce que nous en voyons aujourd'hui, est un ouvrage de choix relatant l'histoire de ce lieu.
  
Les lampades (nymphes des enfers) surveillent les magnolia,
cliché Caroline Millot, association  Mareschal, 2010.
Toutes les marches mènent aux portes de l'eau,
cliché Caroline Millot, association  Mareschal, 2010.
L'éclairage tout particulier, proposé par Caroline Millot, s'adresse à un public non averti mais sensible à l'art et à l'histoire des jardins. Les carnets de croquis, à consommer sans modération, sont conseillés lors des visites.



Le belvédère de Jean-Antoine Giral, Restauration
cliché Caroline Millot, association  Mareschal, 2010.
Pour toute demande de visite de la promenade du Peyrou, s'adresser à Caroline Millot
asso.mareschal@gmail.com
téléphone  06 59 64 42 48

Indiquer le nombre de personnes et
 la date de demande de visite


Architecture et voyage des plans au XVIIIe siècle

EXPOSITION POUR LA FÊTE DE LA BIODIVERSITÉ
Centre Rabelais, Montpellier

Architecture et voyage des plans au XVIIIe siècle
Par Caroline Millot
Docteur en histoire de l'art

Pour citer cet article :
Référence électronique
Caroline Millot, « Architecture et voyage des plans », association Mareschal, Catalogue n°2, catalogue de l'exposition du 22 mai 2010, mai 2010.


Le modeste projet d'exposer à nouveau des plans de l'ingénieur militaire Mareschal est né suite à  la proposition que nous a faite  la ville de Montpellier de participer à la Fête de la Biodiversité. La Mairie s'est adressée à l'association Mareschal pour proposer une exposition qui appuierait la conférence dispensée le 22 mai 2010 par François Michaud intitulée  « Botanique et voyage des plans ». Cette exposition reprend dans son ensemble celle qui fut proposée le 21 mai 2010 au Jardin des Plantes de Montpellier.  Le titre que j'ai choisi  « Architecture et voyage des plans » est donc un écho à celle de Mr Michaud. Dans le Centre Rabelais, l'association s'est étendu sur le patrimoine architectural et paysager du Jardin des Plantes au Siècle des Lumières. Le plan de 1743 de l'ingénieur parisien Mareschal était encore la pièce-maîtresse de l'exposition. Il représente d'une manière claire le jardin royal de la capitale provinciale au siècle des Lumières.

Jacques-Philippe Mareschal, Plan de la ville et de la citadelle de Montpellier, 1743, Archives de l'inspection et du Génie 1 VH 1264, pièce 20, Vincennes.


Mareschal et son entourage : entre zèle et humanité  
François Boissier de Sauvages (1706-1767), ami de Carl Von Linné, fut directeur du Jardin du Roi de 1752 à 1758. Il reçu le grade de docteur à 20 ans. Son sujet de thèse s'intitulant L'amour peut-il être guéri par les plantes lui fit prendre le nom de médecin de l'Amour. Il publia également un Traité des classes de maladies. L'intendant de la province de Languedoc Emmanuel Guignard, Vicomte de Saint-Priest soutenait les talents de l'architecte-jardinier François Boissier de Sauvages, tout comme il approuvait les travaux de Jacques-Philippe Mareschal aux Jardins de la Fontaine de Nîmes. 

Biographie de Jacques-Philippe Mareschal (1689-1778)
1689 Jacques-Philippe Mareschal est baptisé à Paris
1707 Ingénieur du roi sous Louis XIV à Belfort
1738 Directeur des Fortifications de la province de Languedoc
        Réalisation des Jardins de la Fontaine de Nîmes
1748 Défense du littoral du Languedoc : le « système Mareschal »
1750 Plans pour l'hôpital Saint-Louis de Montpellier (détruit en 1994 )
1752 Rédaction du « Mémoire sur les Places Fortes du Languedoc [... ] »
1755 Plans pour le théâtre de Montpellier devant l'Esplanade
1777 Retiré de ses fonctions
1778 Mort le 3 juin, la messe est célébrée à la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier



Jhardinier : On entend par jardinier à Paris, que celui qui cultive un jardin d'ornement ou des arbres fruitiers. Ceux qui ornent un potager pour en vendre au public les herbes & les légumes sont appelés maraîchais. Partout ailleurs, on dit jardinier pour les uns et les autres. 
BOISSIER DE SAUVAGES Pierre-Augustin (frère de François), Dictionnaire Languedocien-François, 1785.




Je remercie vivement les Archives de l'inspection et du Génie de Vincennes ainsi que le Département de l'Arsenal de la Bibliothèque nationale de France, hauts lieux de l'histoire où l'association puise des ressources. Bien évidement, cette action n'aurait pu être sans le soutien de la direction du Jardin des Plantes. Mes remerciements s'adressent également à la Mairie de Montpellier pour l'appui constant  qu'elle apporta à l'association Mareschal pour les années 2009-2010. Je ne saurai clore ces remerciements sans penser chaleureusement aux membres bénévoles de l'association Mareschal, actifs et généreux. Qu'ils soient assurés de ma sympathie.



Conception graphique et texte : Caroline Millot
Crédits photographiques : association Mareschal, Caroline Millot
Comité de lecture : Anaïs Carvalho, Anaïs Fagotti, Monique Andary
Technicien : Bastian Richard
Auteur du catalogue d'exposition : Caroline Millot - Mai 2010


250e anniversaire de la réception des Jardins de la Fontaine à Nîmes


CÉLÉBRATION
Colloque & projet associatif culturel

Les jardins de la Fontaine à Nîmes de Jacques-Philippe Mareschal : un héritage bousculé par le progrès des arts au XVIIIe siècle

Par Caroline Millot
Docteur en histoire de l'art

Pour citer cet article :
Caroline Millot, « Les jardins de la Fontaine à Nîmes de Jacques-Philippe Mareschal : un héritage bousculé par le progrès des arts au XVIIIe siècle » dans Le public et la politique des arts au Siècle des Lumières, Annales du Centre Ledoux, tome VIII, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, actes du colloque tenu à Paris les 17,18 19 décembre 2009, William Blake & co./Art & Arts, 2011, p. 295 à 304.


La fontaine va paraître sous une forme nouvelle, et fera revivre en même temps des monuments respectables, qui pour avoir été si longtemps ignorés, ne feront qu'exposer avec plus d'éclat la grandeur et la magnificence de leurs auteurs.
J.-P. Mareschal, Archives Municipales de Nîmes, Devis de 1745. 
Angelot soutenant un drapé fleuri, Pierre Hubert Larchevêque,
Jardins de la Fontaine de Nîmes, Cliché Caroline Millot, 2009.
Le 250e anniversaire du premier Salon de Diderot en 1759, est l'occasion d'une autre commémoration. En 2010 les Jardins de la Fontaine à Nîmes, qui furent inaugurés officiellement en juin 1760, célèbrent leur 250e anniversaire. Il n'est plus à souligner que Nîmes est connue et reconnue en tant qu'ancienne colonie romaine. Les architectures héritées de l'Antiquité sont bien présentes dans la ville avec, par exemple, la maison Carrée et l'amphithéâtre. Dressés, entre 1738 et 1760, d'après les plans de l'ingénieur Jacques-Philippe Mareschal (1689-1778), les Jardins de la Fontaine vinrent s'intégrer harmonieusement dans l’héritage hydraulique romain et par là même constituer un véritable patrimoine architectural. 
On traitera ici de la construction des Jardins de la Fontaine, de la réception et de son intégration dans la ville, éléments qui n'ont été présentés par la bibliographie que de façon éparse. Dans un premier temps, nous dégagerons chronologiquement les découvertes, ensuite nous exposerons la réalisation de l'ambitieux projet de Mareschal et, enfin, nous instruirons la réception de cette œuvre. Les sources où nous puisons proviennent essentiellement des archives de l'inspection du génie, des Archives nationales, des Archives du département de l'Hérault et des Archives municipales de Nîmes.

Les découvertes de la « Rome française » dès 1738, stimulant l'imaginaire des philosophes, des antiquaires, des artistes éclairés et autres savants, donnèrent lieu à des positions discordantesi. Des questions se dessinent alors. Ces découvertes constituent-elles un simple objet de curiosité ? Quelles influences, pour les arts dans le royaume, eut le voyage à Rome de Mareschal ? Il est nécessaire de rappeler préalablement quelques éléments biographiques concernant l'ingénieur et architecte parisien Jacques-Philippe Mareschal. Né en 1689, il fut formé à l'art militaire sous le commandement du marquis d'Asfeld. En 1707 Mareschal est reçu ingénieur du roi ; il œuvra dans la région Belfortaine jusqu'au printemps 1738. Après une trentaine années de bons et loyaux services dans l'est du royaume, il débute, à partir de juillet 1738, une seconde carrière en Languedoc, résidant à Montpellier et à Nîmes. 

L'héritage antique et les apports modernes
Au nord-ouest du centre ville, ce jardin français, où l'eau emprunte des canaux rectilignes bordant l'actuel quai de la Fontaine, se situe à l'extrémité de l'Avenue Jean-Jaurès, à l'emplacement d'un sanctuaire antique. Les prémices d'un changement urbanistique se firent sentir dès la fin du XVIIe siècle. Un relevé des états des fontaines de Nîmes de 1695 mentionne l'usage des eaux par les teinturiers, les tanneurs et les blanchisseurs, lesquels se servaient de l'eau de la Fontaine à Nîmes pour leurs ouvragesi. Au commencement, les sécheresses régulières durant la première moitié du XVIIIe siècle poussèrent les Etats généraux du Languedoc à rétablir les eaux de la source pour le lavage des soies et des laines, le territoire se devant d'être productif. 
Afin de satisfaire à ce besoin d'adduction, différents projets d'aménagement furent proposés par des architectes et ingénieurs, pour la plupart originaires de la province de Languedoc. En juin 1738, les travaux furent confiés par la Ville de Nîmes à l'ingénieur Pierre Guiraud qui entreprit promptement le creusement du bassin de la source. Il dressa à Nîmes, le 24 juillet 1738, un Mémoire sur le moyen le plus simple de faire venir dans Nîmes toute l'eau que sa fontaine peut fournir. Les deux principaux points soulignés par Guiraud consistent à donner une issue plus grande et plus basse à l'eau et à fermer les passages par où les eaux peuvent s'échapper ; poursuivant, il affirme que « c'est ici un projet très intéressant pour le public » et qu’il « serait fort à propos de le lui communiquer afin que, si les personnes intelligentes, après l'avoir bien examiné, trouvaient à y faire quelques additions ou quelque réforme, on peut profiter de leurs bons avis ». Il ajoute dans le même temps qu'il ne peut faire nulle mention supplémentaire, cela devant être la matière d'un devis dont il n'est pas encore question et qu'il ne lui serait pas même possible de dresser. 
Cette même année 1738 Jean de Clapiès, le directeur des travaux publics de la province, Esprit Dardailhon, l'architecte de la ville et Louis Mathieu livraient tour à tour des plans. Dominé par les ruines de la tour Magne, le site révèle les vestiges des monuments du culte de Nemausus, divinité tutélaire de la source. A partir de ces découvertes fortuites, les écrits commencèrent à fleurir sous toutes les plumes. Juriste de formation, Léon Ménard (1703-1767) a rapporté les premières découvertes comme les deux exèdres à escaliers, les murs d'enceinte ou encore les piédroits d'un pont à trois arches. Il rédige des Observations sur quelques anciens monuments que l'on a découverts en creusant la fontaine de Nîmes au mois d'aout 1738. Voltaire écrivait alors de lui : « Il faut pourtant lui reconnaître d'avoir établi le seul inventaire détaillé et illustré des vestiges de la Fontaine; mais pas seulement cela : le contenu de son étude est exemplaire de cette cohabitation entre rêve, érudition et science qui fait le charme et la densité de cette période ». Sur le terrain, l'ingénieur Clapiès continue d'œuvrer jusqu'à sa mort en 1740. La suite des travaux est alors reprise par Mareschal, dès le mois de décembre 1740. Un arrêt du conseil d'Etat le charge de l'examen, de la vérification et de la direction des travaux à faire à la fontaine de Nîmes. Il paraît précisément que les connaissances en hydraulique de Mareschal l'ont départagé des autres ingénieurs. Le 8 septembre 1741, Mareschal adresse à la direction des fortifications un mémoire et le Plan de la fontaine de Nîmes et des nouvelles découvertes des mois d'août et de septembre 1741.

Format 24 x 17 cm
ISBN  978-2-84103-190-0 
Prix  52 €

Pour plus de renseignements sur le colloque :

Pour plus de renseignements les Editions du GHAMU :

Le colloque de 2009 était le dernier que le Centre Ledoux eut organisé, après dix-huit années. Ce fut un honneur d'être présente au côté de la communauté de chercheurs en histoire de l'art sur le XVIIIe siècle pour fêter le départ en retraite du Professeur émérite à la Sorbonne Daniel Rabreau qui fut durant trois années mon directeur de recherche. La célébration du 250e anniversaire de la réception de l'oeuvre magistrale de Mareschal, à savoir les Jardins de la Fontaine, est née lors de ma participation au colloque de la célébration du 250e anniversaire du premier salon de Diderot en 2008. Ce dernier colloque fut organisé par l'association GHAMU (Groupe Histoire Architecture Mentalités Urbaines), le Centre Ledoux, l'équipe d’accueil Histoire culturelle et sociale de l'art (HiCSA) de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne) avec le concours de la Ville de Paris, la délégation aux célébrations nationales (Ministère de la Culture et de la Communication et l'Institut national d'histoire de l'art (INHA).

jeudi 21 juillet 2011

Mareschal sort des cartons

LECTURE THÉÂTRALISÉE
L'art se libère - 21 avril 2010


« La querelle des Nymphes » est une pièce que l'association Mareschal propose. La pièce est extraite d'un document d'archive conservé aux archives départementales du Gard. Le texte est de 1771 est anonyme. Il fut joué la première fois au château de Marsillargues dans l'Hérault chez le Marquis de Calvisson. Lors de cette première représentation théâtralisée que proposait l'association Mareschal, la pièce fut présentée sous forme d'une lecture dans le siège social de l'association Mareschal au 7 rue Thérèse à Montpellier.


Derniers préparatifs avant la représentation de " la querelle des Nymphes" - photographie association Mareschal Anaïs Fagotti



Prospectus de l'annonce de " la querelle des Nymphes"

Présentation du contexte historique de la mise en scène - photographie association Mareschal Anaïs Fagotti

 La nymphe de Montpellier - La nymphe de Vaucluse - La nymphe de Nîmes
- photographie association Mareschal Anaïs Fagotti




Les couleurs de l'association l'Art se libère
- photographie association Mareschal Anaïs Fagotti

J'ai été ravie que cette première lecture donne ensuite naissance à la première représentation qui s'est déroulée au Domaine d'ô le dimanche 3 juillet. Pour plus de renseignements : 
http://assos.montpellier.fr/TPL_CODE/TPL_AGENDA/PAR_TPL_IDENTIFIANT/8844/2891-accueil-des-associations.htm


REMERCIEMENTS
Cette festive journée mêlant rencontre éclectique et artistique n'aura pu se faire sans l'investissement des membres du collectif l'art se libre qui tentent de hisser un certain art de rue et art de vivre au sommet de leur drapeau. Nous saluons et remercions toute l'équipe de cette association pour l'organisation de la manifestation l'art se libère. Pour ne citer que leurs prénoms : Thibaud, Coline, Joanna, Guillaume, Maud, Maiween, Elsa, Thibaud. Que les personnes qui ne sont pas citées et qui ont apporté leur aide trouvent ici l'expression de notre reconnaissance. Pour en savoir plus : http://www.lartselibere.fr/


La Mairie de Montpellier a soutenu l'association Mareschal lors de cette initiative culturelle prévue par l'association Marechal dans l'organisation annuelle des projets de 2009-2010. Nous remercions Monsieur Philippe Saurel, alors adjoint à l'urbanisme à la mairie de Montpellier, pour les encouragements qu'ils nous a témoigné lors sa venue matinale du 21 avril 2010.

Je tiens à rendre hommage aux adhérents actifs de l'association Mareschal qui ont collaboré à la préparation de cet évènement : Anaïs Carvalho, Mylène Drui, Sébastien Andary, Claire Curely, Anaïs Fagotti, Bastian Richard.

Nymphe de Montpellier : Mylène Drui
Nymphe de Nîmes : Caroline Millot
Nymphe de Vaucluse : Anaïs Carvalho


Prologue : Joan Frégine 
Réalisation des décors : Claire Curely
Bande-son : Silencio (Paris)
Prises de vues : Anaïs Fagotti








Le Jardin des Plantes de Montpellier au Siècle des Lumières

EXPOSITION PRIMAVERA 2010

Le Jardin des Plantes de Montpellier au Siècle des Lumières

Par Caroline Millot
Docteur en histoire de l'art


Pour citer cet article :

Référence électronique
Caroline Millot, « Le jardin des Plantes de Montpellier au Siècle des Lumières », association Mareschal, Catalogue n°1, catalogue de l'exposition du 21 mars 2010, mars 2010.

Cette 7e édition de l'exposition de plantes rares « Primavera » fut une occasion de commémorer l'histoire du Jardin des Plantes de Montpellier. Au travers de l'œuvre de l'ingénieur Jacques-Philippe Mareschal (1689-1778), l'association Mareschal retraça le dimanche 21 mars 2010 la mémoire d'un jardin qui a encore toute son importance dans la ville en mouvement. Comment traduire et capter l'essence d'un jardin au XVIIIe siècle, grâce à un document iconographique conservé en archives ? Dans le parterre « à la française » situé face à l'entrée du Jardin des Plantes, l'association Mareschal valorisa le patrimoine architectural du Jardin des Plantes de Montpellier d'une manière nouvelle. Des reproductions d'un plan de 1743 de l'ingénieur parisien représentant le Jardin des Plantes de Montpellier au siècle des Lumières furent proposées au tout public. Les plans et textes provenaient des archives de l'inspection et du génie de Vincennes & de la Bibliothèque nationale. Des notions biographiques concernant l'ingénieur et architecte Jacques-Philippe Mareschal, auteur des Jardins de la Fontaine à Nîmes, furent également exposées. Le jardin se définit, en ce temps, comme un lieu artistement planté & cultivé, soit pour nos besoins, soit pour nos plaisirs.

Jacques-Philippe Mareschal et le Jardin des Plantes de Montpellier
Celui dont l'association emprunte le nom est né en 1689 à Paris et c'est à Montpellier qu'il a terminé sa vie en juin 1778. Sa carrière est ponctuée de deux grandes périodes correspondant à deux régions très éloignées. Jacques-Philippe Mareschal passa sa jeunesse en Alsace de 1710 à 1738 et sa maturité en Languedoc de 1738 à 1778. Sa fonction militaire l'a obligé à fournir des correspondances annuelles officielles et confidentielles qui permettent de comprendre l'évolution des seize places fortes du Languedoc telles que Narbonne, Sète, Montpellier, Nîmes, ou encore Carcassonne. A l'image de Jean-Antoine Giral, il est une figure de l'architecture dans la province de Languedoc du milieu du XVIIIe siècle. Mareschal a annuellement mesuré et cartographié les villes avec une équipe d'ingénieurs sous ses ordres ou alors en formation. La description écrite qu'il donne de ce jardin en 1752 est bien plus sévère que la facture de ses plans réalisés au lavis : Les principales promenades de Montpellier ne sont pas brillantes, mais elles sont agréables. Celle du Peyrou qui touche à la porte de ce nom tient le premier rang par son élévation sur un plateau qui donne une découverte fort étendue et un air plus pur, que partout ailleurs. Au dessous et près du Peyrou, est le Jardin du roi ou l'on cultive toutes sortes de plantes étrangères dont un professeur fait la démonstration : C'est une seconde promenade, mais sans ornement et sans goût.

Médecins & ingénieurs
A cette même époque, Pierre Cusson est démonstrateur de botanique au Jardin des Plantes, mais il ne publia jamais ses travaux sur les ombellifères. Il est à noter que le Jardin des Plantes de Montpellier, créé en 1593, va sensiblement évoluer au  long du  XVIIIe  siècle. Appelé Jardin du Roi, cet outil scientifique est constitué de trois parties distinctes que l'on observe sur le plan de Mareschal, conservé aux archives de l'inspection et du Génie de Vincennes. Ce plan de 1743 de l'ingénieur  parisien, pièce-maîtresse de cette exposition représente le jardin royal de la capitale provinciale au  siècle des Lumières.



Jacques-Philippe Mareschal, Plan de la ville et de la citadelle de Montpellier, 1743, Archives de l'inspection et du Génie 1 VH 1264, pièce 20, Vincennes.
A cette même période, la médecine a fortement contribué à la renommée de la ville de Montpellier. Pendant que les médecins se penchent sur le classement des formes d'insalubrité, les ingénieurs vont tenter de maîtriser l'espace urbain. A Montpellier, au XVIIIe siècle, on constate que les ingénieurs, les géographes, les hydrographes, les architectes, les médecins, les botanistes ou encore les physiciens partagent leurs connaissances sur la nature, la ville et leurs plaisirs. La médecine était définie, selon l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, comme « l'art d'appliquer des remèdes dont l'effet conserve la vie saine, & redonne de la santé au malade. Ainsi la vie, la santé, les maladies, la mort de l'homme, les causes qui les produisent, les moyens qui les dirigent sont l'objet de la médecine ». La définition se poursuit ainsi :
« Les premiers fondements de cet art sont dûs :  1°. au hasard
                                                                            2°. A l'instinct naturel
                                                                            3°. Aux événements imprévus
Voilà ce qui fit d'abord naître la Médecine simplement empirique. »

Du temps que certains s'attachaient à l'embellissement des villes, d'autres confiaient des définitions pour le grand ouvrage collectif qu'est l'Encyclopédie. Par exemple Jacques Montet communique celle du vert de gris dont les ingénieurs se servaient pour la réalisation des lavis. Il est à noter que Mareschal , au même moment en 1752, fournissait également une définition du vert de gris dans un mémoire sur la ville de Montpellier, conservé à la Bibliothèque nationale. Jacques Proust, en 1968, avait souligné que la plupart des encyclopédistes languedociens se révélaient être membres de la Société Royale des Sciences de Montpellier. L'ingénieur Mareschal ne semble pas compter parmi eux.
La partie moyenne ou montagne et la partie septentrionale ou l'école d'application complètent le Jardin des Plantes et forment la promenade publique qui a gardé son ancien nom de Jardin du Roi.
THOMAS Eugène, Montpellier, 1857


Par ce projet, l'association Mareschal a tenté de valoriser des documents d'archives de référence tout en passant par la découverte d'un espace connu par tous les habitants de la ville, de Montpellier, qui aiment flânocher ou se promener. Une enquête a été menée autour d'un plan de 1743. Les traductions et thèses qui ont été autorisées amènent le lecteur à une synthèse de recherche fragmentaire autour du Jardin des Plantes au Siècle des Lumières. La diffusion des arts et des idées d'un Montpellier d'antan est ainsi brossée, d'une manière succincte, montrant les acteurs principaux qui ont permis à ce Jardin des Plantes d'asseoir la notoriété dont il disposait auparavant. Pour les gens privilégiés du XVIIIe siècle, la vie intellectuelle se développait ainsi, souvent au travers des sociétés royales, dans un contexte encyclopédique qui s'éveillait.


REMERCIEMENTS
Je remercie vivement la direction du Jardin des Plantes et tout le personnel du Jardin des Plantes de Montpellier pour l’accueil favorable qui fut donné à ce projet culturel. Cette manifestation est chaque année un plus affinée, et pour le public montpellierain, elle reste un rendez-vous annuel à ne pas manquer.

Aussi, la mairie de Montpellier a soutenu notre initiative en  subventionnant cette première et modeste exposition. Je n'oublierai pas de remercier le Service Historique de la Défense (SHD), qui nous a gracieusement permis, pour l'occasion, de reproduire le plan de 1743 de l'ingénieur Jacques-Philippe Mareschal.

Affiche Primavera 2010


Primavera, Stand de l'association Mareschal (n°37),
Jardin des plantes de Montpellier, association Mareschal, mars 2010.

Accrochage de l'exposition le Jardin des Plantes de Montpellier au Siècle des Lumières,
 Jardin des plantes de Montpellier, Caroline Millot, association Mareschal, mars 2010.


Conception graphique et texte : Caroline Millot
Crédits photographiques : association Mareschal, Caroline Millot
Relecture : Anaïs Carvalho (doctorante en histoire de l'art) et Anaïs Fagotti (graphiste)
Technicien : Bastian Richard
Auteur du catalogue d'exposition : Caroline Millot - Mars 2010