vendredi 29 juillet 2011

L'eau de Montpellier au XVIIIe siècle

VISITE GUIDÉE
Journées de Pays et des Moulins 2011

Thème national : Le patrimoine caché
Dimanche 19 juin 2011

Par Caroline Millot
Docteur en histoire de l'art

Faire partager les beautés de certains textes d'archives inédits me paraît essentiel. C'est pourquoi, je propose quelques explications articulées autour de cette « eau de Montpellier ». La Journée du Patrimoine de pays et des Moulins sera cette année encore une journée de dépaysement et de découverte à la rencontre d'un autre patrimoine, plus confidentiel, mais pas moins riche. Le thème de cette 14e édition est le patrimoine caché. Les secrets de fabrication et les savoir-faire, la face cachée de l'art de bâtir, les éléments dissimulés, les détails insolites, l'envers du décor, le patrimoine souterrain (caves, cryptes, troglodytes…), archéologique (fouilles, ruines, vestiges…), l'intérieurs de maisons et de leurs cours, les réserves de musées, les lieux et les mémoires oubliées furent dévoilés le temps d'un week-end. 


Cette Journée est coordonnée nationalement et grâce à l'action de délégations locales de Patrimoine-Environnement, Maisons Paysannes de France, Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins, CAPEB et les Architectes du patrimoine. Cette manifestation portant sur le patrimoine de l'eau, dont le sujet est d'actualité, est organisée dans le cadre de la manifestation nationale les Journées de Patrimoine de Pays et des Moulins.

L'eau à Montpellier au XVIIIe siècle
Les initiatives des Etats du Languedoc et de la ville associés en font le point d'aboutissement des grands travaux d'eau captée fort loin pour l'époque, à la source Saint-Clément, et qu'un aqueduc construit par Henri Pitot et imité du Pont du Gard fait affluer jusque là. Dans un de ses mémoire militaire destiné au marquis de Paulmy, l'ingénieur Jacques-Philippe Mareschal, en 1752, a recensé environ six puits à Montpellier. On soulignera que pour le siècle qui nous intéresse, le climat, la démographie et le paysage importaient aux yeux des ingénieurs et architectes du roi. Comme le cas de Mareschal en atteste, les forces militaires portaient toute leur attention sur la gestion de l'eau en tenant compte des contraintes. En 1984, un catalogue de l'exposition des Archives municipales de Montpellier, consacrée à Montpellier et ses fontaines (XVIII-XIXe siècles), a montré les enjeux de l'élément employé tant pour l'alimentation que pour les plaisirs des jeux.
Le choix du thème de l'eau pour l'histoire de l'urbanisme montpellierain au XVIIIe siècle est d'importance. Le belvédère de la promenade du Peyrou à Montpellier construit par Jean-Antoine Giral, l'aqueduc Saint-Clément d'Henri Pitot, tous ces ouvrages d'art ont été construits au cours du même siècle. L'alimentation en eau de la capitale provinciale était un point décisif. Les associations des termes de "patrimoine" et "eau" ne sont qu'à leur prémices sur une échelle de temps. La géographe Alix Audurier-Cros, en qualité de responsable du laboratoire de recherche d'Artpos de l'école d'architecture de Montpellier, par des études sur le patrimoine hydraulique des jardins a ouvert nombreux champs de réflexion sur l'essence, l'emploi, et les pratiques autour du patrimoine de l'eau. Bien évidemment, le climat méditerranéen, favorable à une attention toute particulière, révèle l'importance du caracrtère de la gestion de l'eau ou devrais-je dire des eaux. Par exemple, le thème de l'eau avait été retenu en 2007 pour la manifestation Rendez-vous au jardin. Plus techniquement, le 13e Congrès mondial de l'eau s'est tenu à Montpellier, au Corum, du 1 au 4 septembre 2008. 

Les vertus guérisseuses des eaux 
La faculté de guérison donnée à certaines eaux est bien connue. Ainsi que l'indique l'historienne Brigitte Caulier, on ne compte plus les pratiques préventives où l'eau rentre dans le rituel selon diverses modalités. Dans le Vivarais, il fallait boire de l'eau bénite la veille de Pâques et en Nivenais d'autres rituels s'y faisaient. Brigitte Caulier signale qu'en Languedoc-Roussillon, les lieux de cultes bien que peu nombreux, se partagent essentiellement entre les affections des yeux et les maladies de la peau.

L'Eau de Montpellier
D'après le Dictionnaire des symboles de Jean Chevalier, professeur de philosophie, « l'eau  peut guérir en raison de ses vertus spécifiques ». Les significations symboliques de l'eau, en général, peuvent se réduire à trois thèmes dominants : source de vie, moyen de purification, centre de régénérescence. Ces trois thèmes, selon le dictionnaire précité se rencontrent dans les traditions les plus anciennes et ils forment les combinaisons imaginaires les plus variées, en même temps que les plus cohérentes. Nous tenterons au travers de cette définition de saisir les limites de cette « eau de Montpellier ». Si les cultes sont concentrés autour des sources ou résurgences, on constate qu'à Montpellier, c'est plutôt autour des puits et des fontaines que l'attention est portéeLe lieu où se déroula notre visite guidée était à Montpellier, à l'angle de la rue du Puits des Esquilles et de la Vieille intendance. Ce lieu n'est pas fortuit. Les bienfaits de cette eau de Montpellier était attestée par douze médecins de Montpellier dont quelques noms seront cités lors de l'animation. Il ne semble pas que l'utilisation de cette eau de Montpelllier se réfère à des emplois religieux ou à des dates précises. 
Ancienne inscription notifiant la rue du Puits des Esquilles,
Montpellier,  cliché Caroline Millot, 2011.
Selon le Mercure de France de février 1770, le sieur Jean Saury avait obtenu le privilège de vendre cette eau. Il assurait qu' « elle réussissait particulièrement pour les maladies vénériennes ou encore les rhumatismes. Une analyse de l'eau, faîte par M. Cadet en avait démontré sa salubrité. Chez Demoiselle Canclaude, rue de la Vieille intendance et vis à vis le puits des Esquilles, il était possible de la trouver, cachetée et étiquetée  Eau de Montpellier ».


Au travers de l'oeuvre de Mareschal et d'extraits de journaux, comme le « Mercure de France » de 1770, l'association Mareschal retraça  la mémoire d'un lieu et d'une ressource. A la jonction de la Rue du Puits des Esquilles et de la Rue de la Vieille intendance, cette eau était donc vendue dans des fioles. Le titre de cette visite « L'eau de Montpellier au XVIIIe siècle » rappelle donc les vertus supposées de cette eau dont les enjeux sont multiformes. Nous soulignons l''importance de la médecine à Montpellier au Siècle des Lumières. Les bouteilles, contenant une pinte, étaient vendues au prix d'une livre et dix sols. La réputation de cette eau était telle qu'on pouvait également la trouver dans une boutique à Paris située sur le Boulevard de la Chaussée d'Antin.
"L'eau de Montpellier au XVIIIe s."
Caroline Millot, cliché Art'hur Jez, juin 2011.
"L'eau de Montpellier au XVIIIe s."
Caroline Millot, cliché Art'hur Jez, juin 2011.

"L'eau de Montpellier au XVIIIe s."
Caroline Millot, cliché Art'hur Jez, juin 2011.
"L'eau de Montpellier au XVIIIe s."
Caroline Millot, cliché Art'hur Jez, juin 2011.
"L'eau de Montpellier au XVIIIe s."
Caroline Millot, cliché Art'hur Jez, juin 2011.
"L'eau de Montpellier au XVIIIe s."
Caroline Millot, cliché Art'hur Jez, juin 2011.






































Des extraits de journaux livrent toute l'émulation qu'il y avait autour de cette eau. Pour une ville aussi ensoleillée que Montpellier, la maîtrise de l'eau et sa distribution dans la ville et les jardins étaient importantes. Il est à noter que des objets qui se réfèrent directement à cette eau sont conservés au Musée de la Pharmacie de Montpellier Albert Ciurana (Faculté de pharmacie de Montpellier). Les plans et les textes sélectionnés pour cette journée culturelle proviennent de la Bibliothèque nationale de France & des Archives départementales de l'Hérault. 

Le meilleur accueil a été réservé à cette découverte extraite des recherches menées lors de la réalisation de la thèse sur l'ingénieur Jacques-Philippe Mareschal. L'association Mareschal crée un évènement culturel qui aura sans aucun doute des répercussions. Suite à cette manifestation, un article a été commandé nous a été commandé par la direction du Musée de la Pharmacie Albert Ciurana. Article en cours de rédaction : à paraître prochainement dans la parution annuelle du Musée de la Pharmacie de Montpellier.


Naissance et développement de la faïence à Montpellier du Moyen Âge à l’époque moderne
La conférence donnée le 31 mai 2011 par Jean-Louis Vayssettes "Naissance et développement de la faïence à Montpellier du Moyen Âge à l’époque moderne" dans l'amphithéâtre de la Faculté de Pharmacie fut très enrichissante. Nous proposons quelques renvois bibliographiques de l'auteur au sujet de la faïence et de la céramique :
- VAYSSETTES (J.-L.). - L'industrie céramique dans la région de Montpellier : sources écrites, sources archéologiques : recherches des ateliers.- Mémoire de maîtrise d'Histoire de l'Art et d'Archéologie.- Aix-en-Provence, 1981 (dactylographié).
- AMOURIC (H.), BERNARDI (Philippe), VAYSSETTES (J.-L.). - Production et usages des céramiques architecturales en Provence et Languedoc du Moyen Âge à l'époque moderne. In : actes du VIe Congrès de l'AIECM2 (Aix-en-Provence, 13-18 novembre 1995), Aix-en-Provence : Narration éditions, 1997, p. 707-712.
-  AMOURIC (H.), VALLAURI (L.), VAYSSETTES (J.-L.). - Vanités de faïence : entre Provence et Languedoc, carreaux de céramique espagnols, XVe-XVIIIe siècle. Catalogue de l’exposition du Museon Arlaten. Arles : Museon Arlaten, 2000.
- VAYSSETTES (J.-L.). — La collection de céramiques montpelliéraines de l’apothicairerie de la Miséricorde. In : Regards sur le patrimoine hospitalier : apothicaireries, chapelles et mobilier. Arles, Actes sud, 2003, p. 182 à 191.

"L'eau de Montpellier au XVIIIe s." Présentation d'une faience de Montpellier, atelier
Artus-Siffre,  photographie association Mareschal, cliché Art'hur Jez, juin 2011.


"L'eau de Montpellier au XVIIIe s.", Vase produit dans l'atelier 
Artus-Siffre, photographie association Mareschal, cliché Art'hur Jez, juin 2011.
REMERCIEMENTS
L’évènement que nous avons organisé n'aurait pas été possible sans le concours de musées, des collectivités territoriales ou artisans. En accueillant très favorablement cette modeste manifestation, le Conseil Général de l'Hérault a soutenu l'association Mareschal pour l'organisation cette journée de rencontre autour du thème de l'eau de Montpellier et nous le remercions encore pour son investissement. Plus particulièrement, je remercie le conseiller général Monsieur Philippe Saurel, d'avoir soutenu et promu cet aspect commercial méconnu de l'eau de Montpellier (http://www.philippe-saurel.com/actualite/interventions/l-eau-de-montpellier-au-xviii-eme.html).


Sans  empiéter sur le Festival des Architectures Vives qui se déroulait le même week-end, cette journée nous a fait rapprocher les techniques et fait vivre des architectures. Elle n'aurait pu être si haute en couleur sans la participation de François Siffre, qui pour l'occasion nous a prêté un exemplaire d'une cruche en faïence de Montpellier qui était alors en exposition au Musée de la Pharmacie, le temps de l'exposition « les pots d'apothicaires ». Je lui rends hommage pour sa collaboration et sa sensibilité au patrimoine, qu'il soit architectural ou mobilier ... Comme l'indiquait très justement l'article du Midi-Libre du samedi 26 mars 2011 François Siffre redonne vie aux pots d'apothicaires. Pour plus de renseignement ou visiter l'atelier Artus-Siffre à Sainte-Croix de Quintillargues : http://www.atelier-artus-siffre.fr/

Nous remercions chaleureusement le Musée de la Pharmacie, et plus particulièrement Madame Marie-Sophie Guibert et Sophie Mary qui soutiennent notre action et dont nous nous souvenons de l'acceuil favorable du projet. C'est bien l'heureux hasard du calendrier qui a fait que notre animation sur l'eau de Montpellier et l'exposition des Pots d'apothicaires se produisent aux même dates.
Musée de la Pharmacie Albert Ciurana 
15 avenue Charles-Flahault 
34000 Montpellier
04 67 54 80 62
Ouverture le mardi et vendredi de 10h à 12h


Mes plus sincères remerciements s'adressent à Monsieur François Michaud, responsable du pôle Patrimoine du de l'Université Montpellier 1, pour ses conseils avisés. Je réserve une reconnaissance toute particulière à Mademoiselle Ninon Boulanger, étudiante à l'ENIHP d'Angers, pour son encouragement et sa collaboration précieuse tout au long de la mise en place du projet et de la rédaction de la brochure. Elle participa activement à la mise en place de l'animation, à l'accrochage des reproductions et à l’accueil du public. Par ailleurs, je tiens à remercier Monsieur Joseph-Mark Allison, étudiant en communication pour ses conseils. Aussi, je suis reconnaissante au jeune photographe Art'hur Jez pour les clichés qu'il a pris lors de la manifestation du  dimanche 19 juin 2011.



Pour télécharger la brochure « l'eau de Montpellier au XVIIIe siècle » publiée par l'association Mareschal :

L'évènement culturel fut annoncé dans :
Lien Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins
www.journeedupatrimoinedepays.com

"L'eau de Montpellier au XVIIIe s."
Caroline Millot, cliché Art'hur Jez, juin 2011.



Les plantes nommées Montpellier au XVIIIe siècle

PARCELLE A VOIR AU JARDIN PARTAGE DE LA CAVALERIE
28 rue de la Cavalerie - Montpellier











Par Caroline Millot
Docteur en histoire de l'art


Le jardin-partagé de la cavalerie : un mur-façade ou un jardin de l'intimité ?

Les jardins dans l'espace de la ville Montpellier et de ses alentours urbanisés sont précieux. Ils sont des lieux de ressource, pour l'habitant, à différents égards.

Certaines plantes, dont la répartition géographique dépasse Montpellier, sont nommées Plantes de Montpellier. Ce projet de valorisation des plantes, dédiées à Montpellier, a vu le jour dans le quartier des Beaux-Arts, plus exactement dans un jardin partagé. Le titre du projet est « Les plantes nommées Montpellier au XVIIIe siècle ». Le but de cette initiative est de faire mieux connaître ces plantes locales puis d'ajouter et partager, un brin d'histoire dans ce jardin. Le projet se fait en partenariat avec deux associations de quartier et le Jardin des Plantes de Montpellier. L'association Mareschal est à l'initiative du projet et l'association Beaux-Arts Pierre Rouge a fournit, par la convention qu'elle tient avec la Mairie de Montpellier, une parcelle de terrain du jardin partagé. Le Jardin des Plantes de Montpellier nous offre, d'une part les connaissances de Didier Morisot et ses recherches sur les plantes dédiées à Montpellier et d'autre part, la direction de jardin nous a délivré les plantes à mettre en terre au jardin partagé. Précédemment, une brochure « Les plantes dédiées à Montpellier et à ses savants » a été produite par Pascal Salze et Didier Morisot. Les plantes dont l'histoire est intimement liée à celle de Montpellier au XVIIIe siècle, sont encore trop peu connues du  grand public. C'est dans cet intérêt et dans celui de faire vivre ce jardin partagé des Beaux-Arts que cette initiative est née. 


Il y a ainsi une demie-douzaine de plantes, comme par exemple l'Aphyllante de Montpellier ou encore le Coris de Montpellier qui ornent ce jardin de quartier. Au côté de chaque plante, des étiquettes indiquent leur spécificité. Ce jardin partagé est à l'image du jardin des Plantes de Montpellier, un lieu de promenade que nous tachons de faire vivre. L'inauguration des plantes dédiées à Montpellier s'est faite symboliquement au printemps, le dimanche 16 avril 2011 en présence de Didier Morisot et Caroline Millot.


Afin de planter le décor de la fin du XVIIe siècle à Montpellier, Pierre Magnol (1638-1715), issu d'une famille d'apothicaire, proposait d'établir en 1689 des familles végétales. Une demeure porte encore son nom à Montpellier. Au 10 rue du Bayle, à Montpellier, se trouve, sur deux étages, l'hôtel particulier de Pierre Magnol. Selon le docteur Louis Dulieu, le XVIIIe siècle fut une des époques les plus brillantes. De nouvelles activités scientifiques apparurent comme l'astronomie, la météorologie, la physique, l'agriculture. Montpellier fut, un temps, le pôle méridional de la science française. Il est un fait que les jardiniers de Montpellier, pour le XVIIIe siècle, ont été en grande partie révélés par le père Xavier Azéma.




En 1706, la Société royale des Sciences de Montpellier fut aussi créée. Il y a une émulation scientifique autour des plantes, de la médecine et de l'architecture à cette époque. Un vaste réseau s'établit entre Paris, Montpellier et la Suède. Par exemple en 1735, le suédois Carl Von Linné (1707-1778), auteur de la nomenclature binominale, donne le nom de son ami Magnol à une plante qu'il nomme Magnolia.

Ces plantes toutes particulières, dont les récentes recherches ont été menées par Didier Morisot, donnent une identité forte à ce petit jardin du quartier des Beaux-Arts. Une approche botanico-historico-ludique a éclos et s'est ainsi développée au fil des mois. Pour répondre à la question posée en titre, Le jardin-partagé : un mur-façade ou un jardin de l'intimité ?, il n'y a qu'un pas à franchir de ce mur-façade, dressé au 28 rue de la Cavalerie, pour passer dans l'intimité de ce jardin partagé. En y pénétrant, chacun franchit ce pas. Il appartient au public de découvrir ce patrimoine végétal, de le fréquenter, l'analyser, l'observer, le dessiner ou encore de le faire connaître. Un dossier pédagogique est à votre disposition sur demande par mail à asso.mareschal@gmail.com.



Visuel de l'évolution de la réalisation de la parcelle 
dédiée aux plantes de Montpellier 


"Les plantes de Montpellier au XVIIIe s." Préparation du sol,
cliché Caroline Millot, février  2011.

"Les plantes de Montpellier au XVIIIe s." Préparation du sol, 
cliché Caroline Millot, février  2011.

"Les plantes de Montpellier au XVIIIe s.", Préparation du sol par le jardinier 
Bastian Richard, cliché Caroline Millot, février  2011.


"Les plantes de Montpellier au XVIIIe s."
cliché Caroline Millot, février  2011.


Je tiens à remercier pour leur collaboration précieuse et fidèle :
Didier Morisot - Invité d'honneur
Bastian Richard - Pour la réalisation de la parcelle de ces plantes dédiées à Montpellier
Claire Curely - Pour l'acceuil qu'elle a réservé aux visiteurs lors de l'inauguration
Ninon Boulanger - Secrétaire de l'association Mareschal, pour la réalisation de la rocaille
Sébastien Andary - Président de l'association Mareschal, pour son inconditionnel soutien
Gaby Houdin - Pour l'entretien de la parcelle dédiée aux plantes de Montpellier

Aussi, je ne m'étendrais pas sur les remerciements qui sont à présenter aux jardiniers, élément essentiel du jardin, qui colorent ce jardin au fil des saisons. Ma gratitude se porte à l'association de quartier Beaux-Arts Pierre Rouge et tout particulièrement à Pierre Buisson pour toute l'attention qu'il a porté à ce projet. Celui-ci dépasse quelque peu l'objet principal de notre association, tout en ayant comme fil conducteur le XVIIIe siècle que nous abordons par un autre aspect à savoir celui de la botanique. Bien évidement, cette action n'aurait pu se faire sans le soutien de la direction du Jardin des Plantes qui une fois de plus nous a témoigné sa sympathie. 


Je remercie les différents et nombreux partenaires :
- l'Université Montpellier 1 et l'équipe du Jardin des Plantes de Montpellier
- l'association Beaux-arts Pierre Rouge
- la direction des CCAS Montpellier
- la Maison pour tous Frédéric Chopin
- Montpellier Main Verte



Pour découvrir cette parcelle et consulter le dossier pédagogique, s'adresser à Caroline Millot
asso.mareschal@gmail.com
06 59 64 42 48


Pour plus de connaissance sur la thématique des jardins et des plantes au XVIIIe siècle, 
nous vous conseillons de suivre le cours public de la Cité de Chaillot :



Antigone des associations

Cerclé de gris, le stand de l'association Mareschal

L'association Mareschal affiche plans et couleurs

Informations et renseignements sur nos projets culturels 2009 -2010

Une reproduction d'un plan, signé Mareschal,
représentant la ville de Montpellier au milieu du XVIIIe siècle

Pour nous contacter ...
asso.mareschal@gmail.com

L'association mareschal est présente dans l'annuaire des associations de la ville de Montpellier :

Pour plus de renseignements sur le prochain forum des associations de Montpellier :

Visite de la promenade du Peyrou - Montpellier

VISITE GUIDÉE & ILLUSTRÉE
La promenade du Peyrou à Montpellier






Par Caroline Millot
Docteur en histoire de l'art



L'association Mareschal se réserve, avec grand plaisir, des temps de visites dans la ville de Montpellier sur la demande de quelques particuliers ou associations. Les visites sont assurées par Caroline Millot, docteur en histoire de l'art de l'Université de Paris I et directrice des projets de l'association Mareschal.


Les récits de voyages, les plans de l'ingénieur Mareschal et autres apports historiques servent de support à la visite, en sus du paysage architectural qui est observable à Montpellier pour ce qui se rapporte au XVIIIe siècle.


La porte royale du Peyrou, Restauration, cliché Caroline Millot,
association  Mareschal, 2010.


Statue équestre de Louis XIV, Reproduction, cliché Caroline Millot,
association  Mareschal, 2010.

La désignation des objets et des parties architecturales, l'observation des sculptures et bas-reliefs qui ornent cette promenade font réaliser toute la complexité de cet ensemble, ancienne place royale que l'on nomme le Peyrou.


Dans l'eau, le reflet du magnolia caresse une rocaille,
cliché Caroline Millot, association  Mareschal, 2010.
Un magnolia dans un jardin français :  un pléonasme historique ? cliché Caroline Millot, association  Mareschal, 2010.
Aux alentours, la toponymie rappelle le nom des différents intervenants architectes et ingénieurs. La publication de Jean Baumel sur  l'évolution de la place royale, à ce que nous en voyons aujourd'hui, est un ouvrage de choix relatant l'histoire de ce lieu.
  
Les lampades (nymphes des enfers) surveillent les magnolia,
cliché Caroline Millot, association  Mareschal, 2010.
Toutes les marches mènent aux portes de l'eau,
cliché Caroline Millot, association  Mareschal, 2010.
L'éclairage tout particulier, proposé par Caroline Millot, s'adresse à un public non averti mais sensible à l'art et à l'histoire des jardins. Les carnets de croquis, à consommer sans modération, sont conseillés lors des visites.



Le belvédère de Jean-Antoine Giral, Restauration
cliché Caroline Millot, association  Mareschal, 2010.
Pour toute demande de visite de la promenade du Peyrou, s'adresser à Caroline Millot
asso.mareschal@gmail.com
téléphone  06 59 64 42 48

Indiquer le nombre de personnes et
 la date de demande de visite


Architecture et voyage des plans au XVIIIe siècle

EXPOSITION POUR LA FÊTE DE LA BIODIVERSITÉ
Centre Rabelais, Montpellier

Architecture et voyage des plans au XVIIIe siècle
Par Caroline Millot
Docteur en histoire de l'art

Pour citer cet article :
Référence électronique
Caroline Millot, « Architecture et voyage des plans », association Mareschal, Catalogue n°2, catalogue de l'exposition du 22 mai 2010, mai 2010.


Le modeste projet d'exposer à nouveau des plans de l'ingénieur militaire Mareschal est né suite à  la proposition que nous a faite  la ville de Montpellier de participer à la Fête de la Biodiversité. La Mairie s'est adressée à l'association Mareschal pour proposer une exposition qui appuierait la conférence dispensée le 22 mai 2010 par François Michaud intitulée  « Botanique et voyage des plans ». Cette exposition reprend dans son ensemble celle qui fut proposée le 21 mai 2010 au Jardin des Plantes de Montpellier.  Le titre que j'ai choisi  « Architecture et voyage des plans » est donc un écho à celle de Mr Michaud. Dans le Centre Rabelais, l'association s'est étendu sur le patrimoine architectural et paysager du Jardin des Plantes au Siècle des Lumières. Le plan de 1743 de l'ingénieur parisien Mareschal était encore la pièce-maîtresse de l'exposition. Il représente d'une manière claire le jardin royal de la capitale provinciale au siècle des Lumières.

Jacques-Philippe Mareschal, Plan de la ville et de la citadelle de Montpellier, 1743, Archives de l'inspection et du Génie 1 VH 1264, pièce 20, Vincennes.


Mareschal et son entourage : entre zèle et humanité  
François Boissier de Sauvages (1706-1767), ami de Carl Von Linné, fut directeur du Jardin du Roi de 1752 à 1758. Il reçu le grade de docteur à 20 ans. Son sujet de thèse s'intitulant L'amour peut-il être guéri par les plantes lui fit prendre le nom de médecin de l'Amour. Il publia également un Traité des classes de maladies. L'intendant de la province de Languedoc Emmanuel Guignard, Vicomte de Saint-Priest soutenait les talents de l'architecte-jardinier François Boissier de Sauvages, tout comme il approuvait les travaux de Jacques-Philippe Mareschal aux Jardins de la Fontaine de Nîmes. 

Biographie de Jacques-Philippe Mareschal (1689-1778)
1689 Jacques-Philippe Mareschal est baptisé à Paris
1707 Ingénieur du roi sous Louis XIV à Belfort
1738 Directeur des Fortifications de la province de Languedoc
        Réalisation des Jardins de la Fontaine de Nîmes
1748 Défense du littoral du Languedoc : le « système Mareschal »
1750 Plans pour l'hôpital Saint-Louis de Montpellier (détruit en 1994 )
1752 Rédaction du « Mémoire sur les Places Fortes du Languedoc [... ] »
1755 Plans pour le théâtre de Montpellier devant l'Esplanade
1777 Retiré de ses fonctions
1778 Mort le 3 juin, la messe est célébrée à la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier



Jhardinier : On entend par jardinier à Paris, que celui qui cultive un jardin d'ornement ou des arbres fruitiers. Ceux qui ornent un potager pour en vendre au public les herbes & les légumes sont appelés maraîchais. Partout ailleurs, on dit jardinier pour les uns et les autres. 
BOISSIER DE SAUVAGES Pierre-Augustin (frère de François), Dictionnaire Languedocien-François, 1785.




Je remercie vivement les Archives de l'inspection et du Génie de Vincennes ainsi que le Département de l'Arsenal de la Bibliothèque nationale de France, hauts lieux de l'histoire où l'association puise des ressources. Bien évidement, cette action n'aurait pu être sans le soutien de la direction du Jardin des Plantes. Mes remerciements s'adressent également à la Mairie de Montpellier pour l'appui constant  qu'elle apporta à l'association Mareschal pour les années 2009-2010. Je ne saurai clore ces remerciements sans penser chaleureusement aux membres bénévoles de l'association Mareschal, actifs et généreux. Qu'ils soient assurés de ma sympathie.



Conception graphique et texte : Caroline Millot
Crédits photographiques : association Mareschal, Caroline Millot
Comité de lecture : Anaïs Carvalho, Anaïs Fagotti, Monique Andary
Technicien : Bastian Richard
Auteur du catalogue d'exposition : Caroline Millot - Mai 2010


250e anniversaire de la réception des Jardins de la Fontaine à Nîmes


CÉLÉBRATION
Colloque & projet associatif culturel

Les jardins de la Fontaine à Nîmes de Jacques-Philippe Mareschal : un héritage bousculé par le progrès des arts au XVIIIe siècle

Par Caroline Millot
Docteur en histoire de l'art

Pour citer cet article :
Caroline Millot, « Les jardins de la Fontaine à Nîmes de Jacques-Philippe Mareschal : un héritage bousculé par le progrès des arts au XVIIIe siècle » dans Le public et la politique des arts au Siècle des Lumières, Annales du Centre Ledoux, tome VIII, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, actes du colloque tenu à Paris les 17,18 19 décembre 2009, William Blake & co./Art & Arts, 2011, p. 295 à 304.


La fontaine va paraître sous une forme nouvelle, et fera revivre en même temps des monuments respectables, qui pour avoir été si longtemps ignorés, ne feront qu'exposer avec plus d'éclat la grandeur et la magnificence de leurs auteurs.
J.-P. Mareschal, Archives Municipales de Nîmes, Devis de 1745. 
Angelot soutenant un drapé fleuri, Pierre Hubert Larchevêque,
Jardins de la Fontaine de Nîmes, Cliché Caroline Millot, 2009.
Le 250e anniversaire du premier Salon de Diderot en 1759, est l'occasion d'une autre commémoration. En 2010 les Jardins de la Fontaine à Nîmes, qui furent inaugurés officiellement en juin 1760, célèbrent leur 250e anniversaire. Il n'est plus à souligner que Nîmes est connue et reconnue en tant qu'ancienne colonie romaine. Les architectures héritées de l'Antiquité sont bien présentes dans la ville avec, par exemple, la maison Carrée et l'amphithéâtre. Dressés, entre 1738 et 1760, d'après les plans de l'ingénieur Jacques-Philippe Mareschal (1689-1778), les Jardins de la Fontaine vinrent s'intégrer harmonieusement dans l’héritage hydraulique romain et par là même constituer un véritable patrimoine architectural. 
On traitera ici de la construction des Jardins de la Fontaine, de la réception et de son intégration dans la ville, éléments qui n'ont été présentés par la bibliographie que de façon éparse. Dans un premier temps, nous dégagerons chronologiquement les découvertes, ensuite nous exposerons la réalisation de l'ambitieux projet de Mareschal et, enfin, nous instruirons la réception de cette œuvre. Les sources où nous puisons proviennent essentiellement des archives de l'inspection du génie, des Archives nationales, des Archives du département de l'Hérault et des Archives municipales de Nîmes.

Les découvertes de la « Rome française » dès 1738, stimulant l'imaginaire des philosophes, des antiquaires, des artistes éclairés et autres savants, donnèrent lieu à des positions discordantesi. Des questions se dessinent alors. Ces découvertes constituent-elles un simple objet de curiosité ? Quelles influences, pour les arts dans le royaume, eut le voyage à Rome de Mareschal ? Il est nécessaire de rappeler préalablement quelques éléments biographiques concernant l'ingénieur et architecte parisien Jacques-Philippe Mareschal. Né en 1689, il fut formé à l'art militaire sous le commandement du marquis d'Asfeld. En 1707 Mareschal est reçu ingénieur du roi ; il œuvra dans la région Belfortaine jusqu'au printemps 1738. Après une trentaine années de bons et loyaux services dans l'est du royaume, il débute, à partir de juillet 1738, une seconde carrière en Languedoc, résidant à Montpellier et à Nîmes. 

L'héritage antique et les apports modernes
Au nord-ouest du centre ville, ce jardin français, où l'eau emprunte des canaux rectilignes bordant l'actuel quai de la Fontaine, se situe à l'extrémité de l'Avenue Jean-Jaurès, à l'emplacement d'un sanctuaire antique. Les prémices d'un changement urbanistique se firent sentir dès la fin du XVIIe siècle. Un relevé des états des fontaines de Nîmes de 1695 mentionne l'usage des eaux par les teinturiers, les tanneurs et les blanchisseurs, lesquels se servaient de l'eau de la Fontaine à Nîmes pour leurs ouvragesi. Au commencement, les sécheresses régulières durant la première moitié du XVIIIe siècle poussèrent les Etats généraux du Languedoc à rétablir les eaux de la source pour le lavage des soies et des laines, le territoire se devant d'être productif. 
Afin de satisfaire à ce besoin d'adduction, différents projets d'aménagement furent proposés par des architectes et ingénieurs, pour la plupart originaires de la province de Languedoc. En juin 1738, les travaux furent confiés par la Ville de Nîmes à l'ingénieur Pierre Guiraud qui entreprit promptement le creusement du bassin de la source. Il dressa à Nîmes, le 24 juillet 1738, un Mémoire sur le moyen le plus simple de faire venir dans Nîmes toute l'eau que sa fontaine peut fournir. Les deux principaux points soulignés par Guiraud consistent à donner une issue plus grande et plus basse à l'eau et à fermer les passages par où les eaux peuvent s'échapper ; poursuivant, il affirme que « c'est ici un projet très intéressant pour le public » et qu’il « serait fort à propos de le lui communiquer afin que, si les personnes intelligentes, après l'avoir bien examiné, trouvaient à y faire quelques additions ou quelque réforme, on peut profiter de leurs bons avis ». Il ajoute dans le même temps qu'il ne peut faire nulle mention supplémentaire, cela devant être la matière d'un devis dont il n'est pas encore question et qu'il ne lui serait pas même possible de dresser. 
Cette même année 1738 Jean de Clapiès, le directeur des travaux publics de la province, Esprit Dardailhon, l'architecte de la ville et Louis Mathieu livraient tour à tour des plans. Dominé par les ruines de la tour Magne, le site révèle les vestiges des monuments du culte de Nemausus, divinité tutélaire de la source. A partir de ces découvertes fortuites, les écrits commencèrent à fleurir sous toutes les plumes. Juriste de formation, Léon Ménard (1703-1767) a rapporté les premières découvertes comme les deux exèdres à escaliers, les murs d'enceinte ou encore les piédroits d'un pont à trois arches. Il rédige des Observations sur quelques anciens monuments que l'on a découverts en creusant la fontaine de Nîmes au mois d'aout 1738. Voltaire écrivait alors de lui : « Il faut pourtant lui reconnaître d'avoir établi le seul inventaire détaillé et illustré des vestiges de la Fontaine; mais pas seulement cela : le contenu de son étude est exemplaire de cette cohabitation entre rêve, érudition et science qui fait le charme et la densité de cette période ». Sur le terrain, l'ingénieur Clapiès continue d'œuvrer jusqu'à sa mort en 1740. La suite des travaux est alors reprise par Mareschal, dès le mois de décembre 1740. Un arrêt du conseil d'Etat le charge de l'examen, de la vérification et de la direction des travaux à faire à la fontaine de Nîmes. Il paraît précisément que les connaissances en hydraulique de Mareschal l'ont départagé des autres ingénieurs. Le 8 septembre 1741, Mareschal adresse à la direction des fortifications un mémoire et le Plan de la fontaine de Nîmes et des nouvelles découvertes des mois d'août et de septembre 1741.

Format 24 x 17 cm
ISBN  978-2-84103-190-0 
Prix  52 €

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Le colloque de 2009 était le dernier que le Centre Ledoux eut organisé, après dix-huit années. Ce fut un honneur d'être présente au côté de la communauté de chercheurs en histoire de l'art sur le XVIIIe siècle pour fêter le départ en retraite du Professeur émérite à la Sorbonne Daniel Rabreau qui fut durant trois années mon directeur de recherche. La célébration du 250e anniversaire de la réception de l'oeuvre magistrale de Mareschal, à savoir les Jardins de la Fontaine, est née lors de ma participation au colloque de la célébration du 250e anniversaire du premier salon de Diderot en 2008. Ce dernier colloque fut organisé par l'association GHAMU (Groupe Histoire Architecture Mentalités Urbaines), le Centre Ledoux, l'équipe d’accueil Histoire culturelle et sociale de l'art (HiCSA) de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne) avec le concours de la Ville de Paris, la délégation aux célébrations nationales (Ministère de la Culture et de la Communication et l'Institut national d'histoire de l'art (INHA).